Ce projet vise à renforcer les industries de la pêche au thon en Indonésie et en Malaisie en améliorant les pratiques au niveau de la manutention, de l'hygiène et de la chaîne du froid dans l'ensemble de la chaîne de valeur du thon pêché à l'unité. Il permettra de renforcer les capacités SPS au sein des parties prenantes de la chaîne de valeur, de moderniser les petites infrastructures au niveau des pêcheurs, des grossistes et du gouvernement, et de soutenir les mesures d'adaptation aux changements climatiques afin de renforcer la résilience. La mise en œuvre commencera dans des sites prioritaires dans les deux pays, avec un potentiel de mise à l'échelle régionale au fil du temps.
L'Indonésie et la Malaisie sont des acteurs clés du secteur de la pêche au thon de l'ASEAN, l'Indonésie étant un important fournisseur de thon frais, congelé et en boîte sur les marchés internationaux, tandis que la Malaisie exporte principalement des filets de thon congelés. Toutefois, les deux pays sont confrontés à d'importants défis SPS qui limitent leur capacité à accroître leurs exportations de produits de la pêche à l'unité à petite échelle, telles que les pêcheries à la canne, à la ligne à main ou à la traîne. Ces méthodes, qui consistent à capturer un poisson à la fois à l'aide d'une ligne munie d'un seul hameçon, sont largement pratiquées dans l'ensemble de l'Indonésie et de la Malaisie. Ces pêcheries sont largement considérées comme ayant l'impact environnemental le plus faible, avec des prises accessoires minimales et des interactions négatives avec l'habitat réduites au minimum. Elles sont également considérées comme plus socialement responsables que les méthodes de pêche industrielles, avec des taux élevés de propriété des bateaux et des obstacles à l'entrée plus faibles. Selon certaines estimations, la pêche à l'unité peut soutenir jusqu'à 55 fois plus de moyens de subsistance par tonne de thon capturé que les méthodes de pêche industrielles.
La pêche à l'unité est particulièrement touchée par des pratiques de manutention déficientes, une infrastructure de la chaîne du froid inadéquate et une surveillance réglementaire limitée. Entre 2010 et 2020, l'Indonésie a accumulé des centaines de rejets à l'exportation attribuables à la présence de salmonelles ou d'impuretés, des problèmes de contrôle de la température, et de fortes teneurs en histamine. En outre, des pertes après récolte pouvant atteindre 40% ont été signalées dans des exploitations de petite taille en raison d'une manutention, d'une transformation, d'un stockage et d'une distribution inadéquats, ce qui réduit la compétitivité et accroît le gaspillage alimentaire.
Ce projet découle d'un PPG qui a débuté en avril 2023 et a été mis en œuvre par l'International Pole and Line Foundation (IPNLF), organisation à but non lucratif qui soutient les pêcheries de thon responsables en promouvant les pêcheries à la canne, à la ligne à main et à la traîne, bénéfiques pour les communautés côtières et les écosystèmes marins. Le PPG a permis de réaliser des évaluations sur le terrain, des contrôles de l'histamine et des consultations à plusieurs endroits. Ces évaluations ont révélé des faiblesses critiques dans la chaîne du froid, les pratiques d'hygiène et la conception des navires, en particulier dans les communautés éloignées où l'accès à la formation et aux installations d'essai demeure limité. En outre, les consultations avec les parties prenantes ont confirmé un vif intérêt de la part des transformateurs et des exportateurs de poisson pour l'amélioration de la chaîne d'approvisionnement afin de satisfaire aux normes internationales en matière de sécurité sanitaire des produits alimentaires.